Que vaut la qualité de l’air intérieur des salles de sport et des gymnases ?
Deux études sur la qualité de l’air, soutenues par l’Agence de la transition écologique (Ademe), mettent en évidence la présence de polluants dans les salles de sport et les gymnases, mais à des seuils acceptables. Elles formulent des pistes pour limiter l’exposition des sportifs.
Pratiquer un sport, c’est bon pour la santé. Mais qu’en est-il de l’air respiré pendant l’effort en intérieur ? C’est à cette question que s’est intéressée l’Agence de la transition écologique (Ademe). Cette dernière a financé deux projets de recherche sur la qualité de l’air, QAI Sport et Pair’SO. Leurs résultats ont permis de mieux cerner les sources de pollution et d’identifier des améliorations.
Des polluants issus des matériaux et des activités
L’Institut mines télécom (IMT) Mines Alès et l’École des hautes études en santé publique (EHESP) sont à l’origine du projet QAI Sport. Ils ont analysé l’air dans des dojos, des studios de danse, des gymnases, des salles de fitness et de motricité en école maternelle. « Les résultats mettent en évidence la présence de polluants chimiques à des niveaux globalement comparables à ceux d’autres environnements intérieurs (lire aussi notre article) », précise l’Ademe.
Les chercheurs ont relevé une cinquantaine de composés organiques volatils (COV), ainsi que des composés semi-volatils et des micro-organismes. Parmi les substances identifiées figurent le benzothiazole, issu notamment des matériaux en caoutchouc recyclé. Les siloxanes, présents dans certains cosmétiques, et l’acétone, liée à l’activité humaine, ont également été observés.
Les concentrations de benzène et de formaldéhyde restent cependant inférieures aux seuils en vigueur. Ces deux polluants font d’ailleurs l’objet d’une surveillance réglementaire dans les établissements recevant du public.
D’autres substances ont été retrouvées dans les poussières, notamment dans les salles de fitness. Il s’agit par exemple des phtalates, issus de certains plastiques, des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), des retardateurs de flamme et des biocides. Leur présence varie selon les matériaux utilisés, la ventilation et l’ancienneté des bâtiments. Ceux construits dans les années 1960 et 1970 présentent notamment des concentrations plus élevées.
Des bactéries peuvent enfin être détectées lorsque les salles sont occupées, en particulier dans les espaces de musculation.
La ventilation, un facteur déterminant
Le second projet, Pair’SO, a été conduit par le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) et le Service des laboratoires de santé environnementale (SLSE) de la ville de Paris. Il s’est spécifiquement intéressé à la qualité de l’air dans quinze gymnases parisiens et dans trois salles omnisport. « Les résultats montrent que les concentrations en CO2 restent majoritairement inférieures aux seuils, indiquant un renouvellement de l’air globalement satisfaisant, malgré quelques pics ponctuels », constatent les chercheurs. Les mesures révèlent également que les taux d’oxydes d’azotes, principalement liés au trafic routier (lire aussi notre article), sont comparables à l’intérieur et à l’extérieur. L’ozone, quant à lui, est nettement moins présent dans les gymnases. Les concentrations en polluants organiques restent largement inférieures aux valeurs de référence, même si elles augmentent en été.
Les particules fines méritent toutefois une attention particulière. Elles peuvent pénétrer depuis l’extérieur, mais aussi être remises en suspension par les mouvements et les activités sportives. Dans certaines situations, leur concentration peut alors devenir élevée.
Des mesures concrètes pour améliorer la qualité de l’air
Les deux études soulignent l’importance de la conception et de l’entretien des installations. Le choix des matériaux de construction, des revêtements et des équipements sportifs peut en effet contribuer à limiter les substances. Les chercheurs recommandent ainsi de privilégier les produits à faibles émissions de polluants. Ils préconisent aussi de tenir compte de leurs caractéristiques sanitaires dès la rédaction des cahiers des charges.
La rénovation des bâtiments anciens constitue également un levier important, notamment dans les structures accueillant des enfants. Autre priorité : assurer un renouvellement de l’air adapté à la fréquentation des salles et entretenir régulièrement les systèmes de ventilation. Former les agents techniques à la détection des dysfonctionnements de ces appareils peut contribuer à prévenir les dégradations de la qualité de l’air.
Enfin, un nettoyage régulier des surfaces à l’eau et une utilisation raisonnée des produits d’entretien émissifs sont conseillés.
Si ces résultats ne mettent pas en évidence une pollution systématiquement élevée dans les salles étudiées, ils rappellent que la qualité de l’air intérieur reste primordiale.