IST : un kit de dépistage à domicile gratuit accessible aux jeunes hommes
L’Assurance maladie étend aux hommes de 18 à 25 ans l’accès gratuit aux kits de dépistage à domicile de la chlamydia et de la gonorrhée. Cette mesure vise à faciliter la détection précoce de ces infections sexuellement transmissibles (IST), qui peuvent avoir des répercussions néfastes sur la santé.
La France connaît une hausse des IST à chlamydia et à gonocoque. L’Assurance maladie élargit donc son programme gratuit de dépistage à domicile aux hommes de 18 à 25 ans. Ce dispositif pilote, mis en place à l’été 2025, n’était jusqu’alors réservé qu’aux femmes de la même tranche d’âges.
Accessible sans prescription médicale ni avance de frais, il vise à faciliter la détection de ces infections. « Le dispositif Mon test IST à domicile entend lever des freins susceptibles de dissuader certains jeunes de se faire tester : crainte du jugement, précarité, difficulté d’accès aux laboratoires d’analyses qu’elles soient liées à leur éloignement ou à des contraintes de mobilité », indique l’Assurance maladie dans son communiqué.
Chlamydia et gonorrhée : des IST souvent sans symptômes
La chlamydiose et la gonorrhée évoluent fréquemment sans symptômes. Cela a pour effet de favoriser leur transmission et de retarder leur prise en charge.
Pourtant, l’absence de traitement peut entraîner des complications sérieuses. Chez les femmes, ces infections ont la capacité de provoquer une infertilité ou augmenter le risque de grossesse extra-utérine. Chez les hommes, elles sont potentiellement responsables d’inflammations de l’urètre, de la prostate ou des testicules. Elles ont aussi un impact possible sur la fertilité.
Ces IST augmentent également le risque de transmission du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) en raison des lésions inflammatoires qu’elles provoquent.
Un kit à domicile simple à utiliser
Pour commander son kit d’autoprélèvement, il suffit de se rendre sur le site Mon-test-ist.ameli.fr, puis de répondre à un court questionnaire. Les jeunes éligibles peuvent ensuite passer commande en renseignant leur numéro de Sécurité sociale. Le dispositif se compose d’un kit de prélèvement vaginal pour les femmes et urinaire pour les hommes. Les personnes transgenres, queer ou non-binaires peuvent sélectionner celui qu’elles souhaitent recevoir à leur domicile.
Après le prélèvement, l’échantillon doit être envoyer au laboratoire dans les 24 heures, grâce à l’enveloppe pré-affranchie fournie. « Afin d’éviter tout stockage prolongé dans une boîte aux lettres, il ne faut pas réaliser ni déposer son prélèvement la veille d’un week-end ou d’un jour férié, car cela rallonge l’acheminement », avertit l’Assurance maladie. Par ailleurs, en cas de fortes chaleurs, mieux vaut reporter son dépistage afin d’éviter une altération de l’échantillon, ou se rendre directement en laboratoire.
Une fois l’analyse réalisée, les résultats sont disponibles généralement sous cinq jours ouvrés. Une notification par SMS informe de leur mise en ligne sur le portail confidentiel Mesanalyses.fr.
Quand faut-il se faire dépister ?
Même en l’absence de symptômes, un dépistage régulier est recommandé. Il est également conseillé après un rapport sexuel non protégé, y compris oral, ou en cas de multiplicité de partenaires. Dans le cadre d’une relation, il convient d’y recouvrir avant l’abandon de l’usage du préservatif. Enfin, si un partenaire actuel ou ancien a été diagnostiqué positif à une IST, le dépistage est hautement préconisé.
Lorsque des symptômes apparaissent, il est impératif de le réaliser. Il peut s’agir de brûlures urinaires, de douleurs lors des rapports sexuels ou encore d’écoulements génitaux.
Une hausse des IST chez les jeunes et un recul du préservatif
Selon l’Assurance maladie, « entre 2014 et 2023, les infections à chlamydia et à gonocoque ont augmenté en France, notamment chez les jeunes adultes (15-24 ans) : le taux de diagnostic de la chlamydia a été multiplié par près de trois, tandis que celui de la gonorrhée a doublé ou triplé selon les années, malgré un recul transitoire pendant la pandémie de Covid-19 ».
Cette augmentation s’inscrit aussi dans un contexte de forte baisse de l’usage du préservatif. En 2023, seuls 75 % des femmes et 84 % des hommes ont déclaré l’avoir utilisé lors de leur premier rapport sexuel. Ils étaient près de 98 % au milieu des années 2000.
Renforcer la prévention et le dépistage
Pour enrayer cette tendance, les pouvoirs publics multiplient les initiatives. Depuis 2023, certains préservatifs sont délivrés gratuitement aux moins de 26 ans en pharmacie.
De plus, depuis septembre 2024, quatre nouvelles IST, en plus du VIH, sont dépistées sans ordonnance ni rendez-vous dans les laboratoires de biologie médicale (lire notre article). Il s’agit de la gonorrhée, la chlamydiose, l’hépatite B et la syphilis. Pour les moins de 26 ans, cet acte est gratuit. Pour les plus âgés, le dépistage du VIH est pris en charge à 100 %. Celui des quatre autres IST est remboursé à 60 % par l’Assurance maladie et à 40 % par les complémentaires santé.
Le kit à domicile apparaît alors comme un outil supplémentaire pour renforcer la lutte contre les IST. L’évaluation de ce dispositif est prévue d’ici fin 2027. À ce jour, près de 10 000 femmes ont déjà commandé un kit de dépistage.
