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La tendance slow sport : ralentir pour durer

Face à la recherche de performance, le slow sport propose une autre façon de s’adonner à une activité physique. Cette approche encourage une pratique régulière, d’intensité modérée mais aussi accessible à tous et bénéfique pour la santé.

Plus vite, plus haut, plus fort… Pendant des décennies, cette devise olympique a façonné notre vision du sport, fondée sur la performance et le dépassement de soi. Aujourd’hui, une autre philosophie du mouvement s’impose : le slow sport privilégie l’écoute du corps, le plaisir, la régularité et la durabilité plutôt que la compétition. Pour Lugdivine Meytre*, professeure de Pilates, cet engouement reflète l’évolution de nos modes de vie. « Aujourd’hui, on mange vite, on travaille vite, on répond vite aux messages… et on voudrait aussi faire du sport vite. Sauf qu’à force d’accélérer partout, il y a un moment où le corps dit stop. » Pour elle, cette approche permet de renouer durablement avec l’activité physique. « Le slow sport est à portée de tous », confirme le professeur François Carré, cardiologue et médecin du sport au CHU de Rennes.

Ralentir, mais pas renoncer

Ralentir ne signifie pas renoncer aux bienfaits de l’activité physique, bien au contraire. « Le slow sport a des effets bénéfiques pour la santé bien démontrés, le bienfait le plus important étant le grand effet sur le stress et l’anxiété », indique le Pr Carré. Ainsi, les activités réalisées à un rythme modéré et maîtrisé, améliorent l’endurance, la force musculaire, l’équilibre et la mobilité. « On observe également des bénéfices cardiovasculaires, notamment une baisse de la tension artérielle chez les personnes hypertendues », précise-t-il. Kinésithérapeute spécialisé en médecine du sport, Jean-Christophe Berlin** recommande les exercices exécutés avec contrôle. « Pour la remise en forme de manière générale, il n’est pas nécessaire de faire des exercices intenses. Nous sommes très sédentaires et donc nous ne sommes pas préparés à des activités trop violentes, qui peuvent conduire à des traumatismes. En outre, le stress étant très présent dans nos vies, il est préférable de privilégier une activité plus douce, qui favorise davantage le bien-être physique et mental. » Le spécialiste souligne également que l’exécution lente des mouvements améliore leur qualité technique et limite le risque de blessure.

À chacun son rythme 

Le slow sport se décline de multiples façons. La marche, sous toutes ses formes (active, nordique, méditative, japonaise), en est sans doute l’exemple le plus emblématique. Le slow running, qui consiste à courir à une allure permettant de tenir une conversation sans être essoufflé, séduit également de plus en plus de pratiquants. Pour Jean-Christophe Berlin, le taï-chi et le qi gong sont de parfaites illustrations du slow sport. « Les mouvements sont à la fois lents et contrôlés. Ils sollicitent la respiration, l’équilibre et la maîtrise du geste », explique-t-il. Il complète : « On retrouve la même logique dans la médecine ayurvédique en Inde qui s’appuie sur le yoga. » 

Le slow sport englobe d’autres pratiques centrées sur la qualité du mouvement et la conscience corporelle, telle la méthode Feldenkrais, qui vise à améliorer les schémas moteurs grâce à des mouvements doux, ou la Gyrokinesis®, discipline combinant des mouvements fluides, la respiration et la mobilité pour renforcer le corps en préservant les articulations. Les cours de Pilates doux, stretching, mobilité ou gymnastique posturale s’inscrivent également dans cette approche où la recherche de bien-être prime sur la performance. « Le meilleur slow sport, c’est celui qui vous donne envie d’y retourner ! », résume tout simplement Lugdivine Meytre. Quitte à tester plusieurs disciplines.

Anne-Sophie Glover-Bondeau

*Auteure de Pilates, plaisir et protéines, Flammarion, 336 p., 20 €, 2026.
**Auteur de Mal de dos – Prévenir, soulager, assouplir, renforcer grâce au mouvement, Courrier du livre, 192 p., 18 €, 2026.