Jean-Jacques Hocquard, vice-président d’uMEn : une vie d’engagement
Jean-Jacques Hocquard s’est éteint le 21 janvier 2026. Né en 1941 à Paris, il a traversé plus d’un demi-siècle d’histoire étudiante, culturelle et mutualiste, en demeurant fidèle à une ligne simple : relier action, mémoire et responsabilité.
Son entrée dans l’engagement se fait dès le début des années 1960, dans le contexte de la guerre d’Algérie. À l’Unef, dont il devient l’un des responsables nationaux en tant que vice-président, il prend en charge les questions culturelles. Il y défend l’idée que la culture n’est ni un supplément d’âme ni un divertissement, mais une dimension centrale de la formation citoyenne. Initiatives artistiques, festivals, théâtre universitaire : il contribue ainsi à développer un espace où création et débat public se rencontrent. Son fils Frédéric puis sa petite-fille Salomé occuperont à leur tour ce poste.
Cette orientation gouvernera sa vie
Après ses années étudiantes, il choisit de consacrer sa vie professionnelle au théâtre et à l’action culturelle. Aux côtés d’Armand Gatti (journaliste et poète dramaturge), il participe à des aventures collectives ambitieuses, où l’exigence artistique s’articule à une réflexion politique et sociale. Ceux qui ont travaillé avec lui évoquent un organisateur attentif, capable de rendre possibles des projets complexes sans jamais chercher la lumière pour lui-même. Il s’occupera toute sa vie de son œuvre et particulièrement de La Parole Errante, ouverte à Montreuil en 1997 à l’initiative d’Armand Gatti.
Parallèlement, Jean-Jacques n’a cessé de s’investir dans la transmission de l’histoire du mouvement étudiant. Actif au sein de l’Association des anciens de l’Unef, proche des initiatives consacrées aux archives et aux mémoires étudiantes, il estimait que l’expérience militante devait être interrogée, documentée, discutée. Il aimait confronter souvenirs et recherches, convaincu que la mémoire gagne à être mise à l’épreuve du travail historique.
Son engagement s’est également exercé dans le champ mutualiste. Président de la Mutuelle des artistes et professionnels du spectacle (MAPS) de 2004 à 2011, il accompagne une période de transformation profonde du secteur, marquée par des exigences réglementaires accrues et des regroupements d’organisations (réforme du Code de la mutualité, directives solvabilité II notamment). Il y défend la continuité d’un modèle solidaire attentif aux réalités spécifiques des métiers de la culture et devient ainsi l’un des fondateurs de la mutuelle uMEn. À partir de 2011 et jusqu’à sa disparition, il exerce la fonction de vice-président d’uMEn, veillant à maintenir une gouvernance exigeante et une attention concrète aux adhérents les plus fragiles.
Jusqu’aux derniers mois, il poursuit échanges, interventions et travaux, participation active aux instances de la mutuelle, refusant toute forme de nostalgie. Son parcours laisse l’image d’un homme pour qui l’engagement n’était ni une posture ni un épisode de jeunesse, mais une manière durable d’habiter le monde : agir, transmettre, et inscrire les valeurs dans le temps long.
