Promis le ciel d’Erige Sehiri
La réalisatrice de Sous les figues avoue poursuivre ici la démarche qui est la sienne : rendre visibles les invisibles.

Là, c’étaient les jeunes travailleuses rurales, ici ce sont trois ivoiriennes vivant plus ou moins bien à Tunis.
Marie (Aïssa Maïga), pasteure ivoirienne et ancienne journaliste, vit dans la capitale tunisienne. Elle héberge Naney, une jeune mère en attente d’un avenir meilleur, et Jolie, une étudiante volontaire qui porte les espoirs de sa famille restée au pays. Quand ces trois femmes recueillent Kenza, 4 ans, rescapée du naufrage d’un bateau de migrants – et donc porteuse à la fois de la tragédie et de l’espoir -, leur trio évolue en une sorte de famille recomposée tendre mais menacée.

Les migrations du sud du Sahara vers le Maghreb se heurtent en effet souvent aux rafles et arrestations. Le climat politique est de plus en plus hostile et violent à l’égard des migrants venus des autres pays africains, en particulier subsahariens.
Mais le propos d’Erige Sehiri est davantage le groupe féminin, ces personnages soudés qu’elle scrute au plus près en plans serrés, comme pour mieux exprimer sa propre proximité avec elles.
Quant au titre, qui peut paraître énigmatique, il renvoie à une chanson entendue dans le film, qui constate ironiquement : « On m’a promis le ciel, en attendant je suis sur la terre, à ramer. » Des mots qui, résument les intentions du film et insufflent de l’énergie aux personnages, voire au spectateur par la même occasion.

Sortie le 28 Janvier 2026
Avec Aïssa Maïga, Debora Lobe Naney, Laetitia Ky.
Le film a remporté le 3ème Prix au Festival d’Angoulême. Il a également reçu l’Étoile d’or et le Prix d’interprétation féminine (Debora Lobe Naney) au Festival international du film de Marrakech.
Il a été projeté en ouverture à Cannes 2025 dans la sélection Un Certain Regard.
