Violences domestiques : le confinement augmente les risques

, par  Léa Vandeputte

Requis pour limiter la propagation du Covid-19, l’enfermement des familles à leur domicile augmente les violences, notamment envers les femmes et les enfants. Pour les détecter et pouvoir intervenir rapidement, de nouveaux systèmes d’alerte sont mis en place.

En cette période de confinement, le foyer n’est pas toujours un lieu rassurant. La promiscuité et l’anxiété peuvent aggraver un contexte familial déjà tendu et conduire à des violences, ou une aggravation des violences existantes. « Le Gouvernement y est particulièrement vigilant et pleinement mobilisé », indique un communiqué daté du 25 mars. Selon le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, lors de la première semaine de confinement, les signalements pour violences domestiques ont augmenté de 32 %.

Enfants en danger : le 119 renforcé

Les plus jeunes sont particulièrement concernés par ces faits délictueux. « En période de confinement, les risques de violences sur enfant augmentent et les occasions de les repérer diminuent », constate Adrien Taquet. Le secrétaire d’État chargé de la Protection de l’enfance a donc décidé, le 2 avril, de renforcer les possibilités de signalement en créant un formulaire en ligne sur le site Allo119.gouv.fr. Jusqu’à présent, le service national d’accueil téléphonique de l’enfance en danger (Snated) n’était disponible que via le numéro 119 (gratuit et ouvert 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7), mais « pour un enfant victime, son frère ou sa sœur, ou encore un conjoint non violent, s’isoler pour signaler une violence par téléphone au 119 est difficile dans la période actuelle », estime le secrétaire d’État. Les autorités rappellent qu’un témoin d’un acte de maltraitance ou une personne qui a des doutes sur une situation doit le signaler à la plateforme. Pour sensibiliser le grand public et inciter à la vigilance, une campagne est actuellement diffusée à la télévision, à la radio et sur internet.

Signaler des violences conjugales à la pharmacie

Les femmes aussi sont en première ligne, et les soignants lancent l’alerte à l’image du service de chirurgie maxillo-faciale de l’hôpital de la Pitié-Salpétrière à Paris qui indique sur son compte Instagram : « Nous avons constaté une forte hausse des violences conjugales depuis le début du confinement. » Pour signaler ces faits, plusieurs canaux existent. Depuis la fin du mois de mars, les 22 000 pharmacies d’officine sont devenues des lieux d’alerte. Les pharmaciens sont en effet habilités à appeler la police si une femme leur demande de l’aide directement ou si elle utilise le code « Masque 19 » pour plus de discrétion. Il est aussi possible d’appeler le numéro d’écoute national, le 3919 (gratuit et disponible 7 jours sur 7, de 9 heures à 22 heures du lundi au vendredi, et de 9 heures à 18 heures les samedis, dimanches et jours fériés), ou la police, le 17. Le numéro d’urgence, le 114, est également accessible par SMS à tout moment, et le site Arretonslesviolences.gouv.fr permet de faire un signalement en ligne. Enfin, avec l’application gratuite App-Elles (disponible sur l’App store et sur Google play), on peut contacter rapidement ses amis, ses proches, les secours, les associations ou tout autre interlocuteur de son choix. Là encore, les témoins de scènes de violence sont invités à agir et à prévenir rapidement les autorités compétentes.

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