Ségur de la santé : ce qu’il faut retenir

, par  Léa Vandeputte

Une semaine après la signature des accords sur les carrières, le ministre de la Santé a présenté les conclusions du Ségur de la santé. L’objectif de ces nouvelles propositions est d’améliorer le fonctionnement et l’organisation du système de soins.

Après avoir signé, le 13 juillet, un accord sur les carrières, les métiers et les rémunérations qui octroyait 8,2 milliards d’euros au personnel hospitalier, le gouvernement a dévoilé, mardi 21 juillet, une série de 33 propositions issues des concertations du Ségur de la santé. Olivier Véran, le ministre des Solidarités et de la Santé, s’est appuyé sur le rapport remis par Nicole Notat, animatrice du Ségur, « pour retenir des mesures et des orientations fortes afin de poursuivre la modernisation du système de santé en France et d’améliorer le quotidien des soignants ainsi que la prise en charge des patients ».

Des accords « historiques »

Le ministre a notamment annoncé que 19 milliards d’euros d’investissement seraient consacrés à l’amélioration du système de soins et confirmé le budget de 8,2 milliards d’euros par an destiné à revaloriser les métiers des établissements de santé et des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Le communiqué du ministère se félicite d’ailleurs de la signature d’accords « historiques pour reconnaître l’engagement de ceux qui soignent » par une majorité d’organisations syndicales représentant des personnels médicaux de l’hôpital public comme des professions non médicales.

Ouverture de lits à la demande

Parmi les 33 mesures à retenir, 15 000 recrutements à l’hôpital public sont prévus ainsi que l’ouverture ou la réouverture de 4 000 lits « à la demande », pour que les établissements puissent « s’adapter à la suractivité saisonnière ou épidémique ». Olivier Véran souhaite accélérer la sortie du « tout T2A » — la tarification de l’activité à l’acte très décriée qui est actuellement pratiquée à l’hôpital — et privilégier la qualité des soins. Il a également évoqué plusieurs pistes de travail : « redonner toute sa place au service hospitalier au sein des établissements de santé, former plus de soignants dans les filières paramédicales pour mieux prendre en charge les patients, faciliter l’accès aux soins non programmés et à l’exercice coordonné, développer fortement la télésanté en s’appuyant sur les acquis de la crise pour mieux soigner les Français, donner aux territoires les principaux leviers de l’investissement en santé dans l’intérêt de leurs habitants, combattre les inégalités de santé ».

Entre satisfaction et réserve

De leur côté, les syndicats constatent qu’un effort a été fait par le gouvernement. MG France note ainsi que « le Ségur de la santé a vu l’hôpital public obtenir des moyens très significatifs pour son développement », mais ajoute : « Les médecins généralistes ne comprendraient pas que le secteur ambulatoire ne bénéficie pas d’un investissement du même ordre, signal d’une volonté de transformation profonde du système de santé. » Le Collectif inter-hôpitaux , lui, indique prudemment que les mesures présentées « contiennent des éléments intéressants dont la mise en œuvre reste à préciser ».

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