Ophtalmologie : dépister les maladies de la macula

, par  Léa Vandeputte

« Ne négligeons pas les maladies de la macula, même en période d’épidémie ! » : tel est le slogan des Journées de la macula. Cet évènement a pour objectif d’encourager les plus de 55 ans, les personnes diabétiques ou myopes à prendre rendez-vous avec leur ophtalmologiste pour se faire dépister.

« En période épidémique, le combat contre les maladies de la macula doit plus que jamais se poursuivre, au risque de voir ces atteintes progresser », c’est par ces mots que débute le dossier de présentation de la 6e édition des Journées nationales de la macula qui ont lieu, cette année, du 22 au 26 novembre. Les retards de traitement causés par la pandémie de Covid-19 ont en effet eu un retentissement sur la vision des Français, avec un dépistage plus tardif et une progression des certaines pathologies. Pour contrer ces effets, l’Institut d’éducation médicale et de prévention (IEMP), qui organise ces journées, sensibilise « les patients concernés sur la nécessité de maintenir leurs rendez-vous chez leur ophtalmologiste et de poursuivre leurs traitements malgré l’épidémie ».

Une zone essentielle de la vision

La macula est une zone de la rétine située au fond de l’œil. Elle est « aussi petite (2 à 5 mm de diamètre) que précieuse », car elle joue un rôle central dans la vision des détails. C’est elle qui nous permet de lire, d’écrire, de coudre, de conduire, de distinguer les traits d’un visage ou encore de réaliser des gestes qui nécessitent de la précision.
Mais la macula peut être atteinte par plusieurs pathologies, dont la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), qui est la première cause de perte de vision chez les personnes de plus de 50 ans en France. Son dépistage est essentiel, car elle peut apparaître sans symptômes. D’autres maladies peuvent également survenir, comme la maculopathie diabétique, principale cause de malvoyance chez les personnes diabétiques, ou la maculopathie myopique, première origine de la malvoyance, voire de la cécité, des personnes atteintes de forte myopie.

Dépister précocement

Face à ces pathologies, l’IEMP encourage les personnes à risque (plus de 55 ans, patients diabétiques ou à forte myopie) à se faire dépister afin d’être prises en charge rapidement. « Toutes les études montrent que plus le traitement est précoce, moins il y a de dégâts tissulaires dans la macula, et meilleurs sont la réponse thérapeutique et le pronostic visuel à court et long terme, indique le docteur Oudy Semoun, praticien hospitalier dans le service d’ophtalmologie du centre hospitalier intercommunal de Créteil. En résumé, le temps, c’est de la vision. » Le dépistage des maladies de la macula est réalisé par un ophtalmologiste. Celui-ci pratique un examen du fond de l’œil. Il instille un collyre, qui dilate les pupilles en 20 à 45 minutes, afin d’observer la rétine et de détecter une éventuelle atteinte.

Ne pas oublier la prévention

Chez les personnes à risque, adopter quelques mesures de prévention peut par ailleurs limiter la survenue de ces pathologies de la rétine, à commencer par le sevrage tabagique. « Chez les grands fumeurs, le risque de MLA [maculopathie liée à l’âge, NDLR] et DMLA est en effet multiplié par 3 à 6 », précise l’IEMP. L’alimentation a aussi un rôle à jouer. Trois types de nutriments sont à privilégier pour leurs effets protecteurs : les caroténoïdes pour leur action antioxydante (présents dans les fruits et légumes jaunes et dans les légumes à feuilles), les acides gras oméga 3 indispensables au bon fonctionnement des photorécepteurs (dans les poissons gras comme le saumon, le hareng, le maquereau ou dans certaines huiles végétales), et les vitamines C (dans les agrumes et les fruits rouges), E (dans les avocats et l’huile d’olive) et le zinc (coquillages, crustacés, jaune d’œuf, pain complet, légumes secs). Enfin, le suivi médical des patients diabétiques est également un élément majeur de prévention « afin de limiter leurs risques de souffrir de complications sur le plan visuel ». Il est recommandé de contrôler régulièrement leur taux de glucose et de cholestérol ainsi que leur tension artérielle. Ces trois paramètres peuvent en effet constituer des facteurs de risque de survenue d’une maladie de la macula.

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