Les cotisations des mutuelles augmentent mais moins que les dépenses de santé

, par  Léa Vandeputte

L’accroissement moyen du tarif des cotisations en 2022 est évalué à + 3,4 %. Cette hausse est à relativiser selon la Mutualité Française qui rappelle que les dépenses de santé ont progressé de 3,8 %.

La Fédération nationale de la Mutualité Française (FNMF) a publié, le 7 janvier, son étude annuelle sur les tarifs des mutuelles, réalisée auprès de 32 organismes protégeant 17,1 millions de Français. Il en ressort que les cotisations augmentent en moyenne de 3,4 % en 2022. Il existe toutefois des disparités en fonction des types de contrats : les cotisations des contrats individuels affichent une progression moyenne de 3,2 %, celles des contrats collectifs obligatoires de 2,9 % et celles des contrats collectifs facultatifs de 2,9 %. « Pour la moitié des mutuelles répondantes, le taux d’augmentation des cotisations est en moyenne inférieur à 2,4 % et pour 3,6 millions de personnes les cotisations n’augmenteront pas, constate la FNMF. Seuls 2 % de la population couverte par une mutuelle verront leurs cotisations augmenter de plus de 6 % en 2022. »

Plus de remboursements et plus de taxes

Le principal facteur d’augmentation des cotisations est la hausse des dépenses de santé et des prestations versées. « Pour 2022, l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (l’Ondam) progresse de 3,8 % par rapport à 2021, hors dépenses liées à la crise sanitaire », explique-t-elle. En 2021 déjà, les mutuelles ont remboursé 6 % de prestations de santé supplémentaires par rapport à 2019, soit 900 millions d’euros, ce qui porte le total des prises en charge à 16 milliards d’euros. « En moyenne, en 2021, chaque Français a perçu de sa mutuelle 31 euros de plus qu’en 2019, indique la FNMF. Cette situation est liée au 100 % santé et aux rattrapages des soins constatés en 2021, pour un montant largement supérieur à la taxe Covid imposée aux mutuelles en 2020. » La fédération ajoute d’ailleurs que les taxes sont en forte augmentation : celles « prélevées sur les contrats des mutuelles (contributions / taxe CMU [couverture maladie universelle], TSA [taxe de solidarité additionnelle, NDLR]) sont passées de 200 millions à 2,5 milliards d’euros en 2019 et culminent à 3,2 milliards sur 2020 (contribution Covid inclus) ».
« Les mutuelles sont chaque jour mobilisées pour répondre aux besoins de santé de leurs adhérents et pour assurer un accès aux soins, partout, pour tous, plaide Eric Chenut, président de la Mutualité Française. En 2021, elles se sont par exemple massivement investies dans la prise en charge des séances chez les psychologues. Les mutuelles s’emploient à trouver des solutions capables de maintenir la couverture d’assurance de leurs adhérents pour accompagner une croissance continue des dépenses de santé des Français et pour répondre à une hausse régulière de leur fiscalité. Dans ce cadre, certaines d’entre elles sont contraintes d’augmenter leurs cotisations pour équilibrer leurs comptes car elles ne peuvent être déficitaires ou créer de la dette. »

Sur 100 euros de cotisation, 84 euros reversés

La Mutualité rappelle aussi que « le secteur de l’assurance santé est l’un des secteurs dégageant les marges les plus faibles ». Sur 100 euros de cotisation (hors taxe) payé par l’adhérent à sa mutuelle, 79 euros lui sont reversés sous la forme de remboursements de soins, voire 84 euros si sont pris en compte les services rendus (prévention, action sociale, réseaux de soins, assistance...). Les 16 euros restants sont utilisés pour régler les frais de gestion (rémunération des salariés de la mutuelle, fonctionnement, systèmes informatiques, etc.) ou encore pour couvrir les réserves prudentielles obligatoires. Les taxes, qui permettent de financer la complémentaire santé solidaire (CSS) et la Sécurité sociale, s’élèvent quant à elle à 13,3 euros.

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