Le mouvement mutualiste multiplie les initiatives face à la crise sanitaire

, par  Delphine Delarue

« En cette période de pandémie, les acteurs mutualistes restent mobilisés », a fait savoir la Mutualité française le 31 mars. Les initiatives se multiplient, en particulier dans les 2 800 établissements et services mutualistes qui participent à la prise en charge des malades et tentent de maintenir l’accès aux soins.

La Mutualité française poursuit sa lutte contre le coronavirus. Alors que l’épidémie fait rage (plus de 3 500 personnes sont décédées en France des suites du covid-19, dont 500 pour la seule journée de mardi 31 mars), « les acteurs mutualistes restent pleinement mobilisés sur le terrain pour soigner, prévenir et assurer la continuité de leurs activités auprès de leurs adhérents et des Français », explique la Mutualité dans un communiqué. Pour faire face à la crise, « les mutuelles sont au rendez-vous », avec de nombreuses initiatives prises dans les 2 800 établissements (hôpitaux et cliniques) et services mutualistes qui se réorganisent et déprogramment les soins non urgents pour accueillir les patients atteints du coronavirus.
C’est par exemple le cas à Paris où l’Institut mutualiste Montsouris (IMM) a ouvert des unités dédiées à la prise en charge des malades avec 80 lits d’hospitalisation et 48 lits en service de réanimation. Même démarche à Saint-Etienne, avec la clinique mutualiste de Bellevue qui a augmenté ses capacités d’accueil en réanimation avec 22 lits supplémentaires (contre 8 initialement). En Côte-d’Or, la Mutualité française bourguignonne a mis en place une équipe mobile de 13 soignants qui intervient en support aux côtés des équipes du CHU de Dijon.

Coordination avec les établissements publics
De son côté, le groupe hospitalier mutualiste Hospi Grand Ouest et ses 10 cliniques mutualistes de Bretagne et des Pays de la Loire « s’organisent avec les établissements publics de chaque territoire pour prendre en charge les patients de manière coordonnée », précise le communiqué. D’autres cliniques, comme l’établissement Beau Soleil du groupe EMSS à Montpellier, ont en outre « déployé des postes pour assurer plus de 90 % de leurs consultations à distance ».
Les établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) mutualistes se sont, quant à eux, réorganisés pour « protéger au mieux les résidents en maintenant le plus possible les liens avec la famille ». La Mutualité française Puy-de-Dôme Haute-Loire a notamment lancé une hotline destinée à assurer ces liens malgré l’interdiction des visites. Pour apporter des conseils à l’ensemble des équipes, une seconde hotline, spécialisée en gériatrie, est également ouverte, ainsi qu’une autre ligne avec des psychologues pour les patients, les familles et le personnel soignant. Enfin, les crèches mutualistes sont également sur le pont avec une vingtaine de structures assurant la garde des enfants des personnels soignants.

Continuité des droits
Actuellement, la priorité est aussi « d’assurer la continuité des droits pour les 35 millions d’adhérents protégés par les mutuelles », poursuit le mouvement mutualiste. Celles-ci s’engagent donc « à mettre en place un socle commun de dispositifs avec la prise en charge des arrêts de travail déclenchés pour les personnes vulnérables, ainsi que le maintien des garanties et des prestations en cas de chômage partiel en prenant les indemnités de chômage partiel comme assiette des cotisations appelées ». Pour les très petites entreprises (TPE) et les travailleurs non-salariés en difficultés, les mutuelles ont également décidé de conserver « en garantie tous les contrats pendant la période de confinement » et d’accompagner « au cas par cas les demandes pour suspendre ou reporter les versements ».
Ce n’est pas tout : la Mutualité française assure également que des fonds d’aide sociale mutualistes seront engagés pour répondre aux situations individuelles les plus difficiles. « A ce jour, les mutuelles ont mobilisé plus de 150 millions d’euros à travers leurs différentes initiatives », précise le mouvement qui annonce, en outre, être « disponible pour participer, aux côtés de l’Assurance maladie obligatoire, à toute initiative de soutien aux professionnels et établissements de santé » pouvant être « fragilisés financièrement dans cette période de confinement ».

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