La vaccination anti-HPV élargie aux jeunes garçons

, par  Delphine Delarue

Dans une nouvelle recommandation publiée le 16 décembre, la Haute autorité de santé (HAS) élargit la vaccination anti-papillomavirus, jusque-là réservée aux filles de 11 à 14 ans, aux garçons du même âge. Objectif : augmenter la couverture vaccinale et mieux lutter contre les cancers liés aux HPV.

Jusqu’ici recommandé uniquement aux filles de 11 à 14 ans (avec un rattrapage possible jusqu’à 19 ans) et aux hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes jusqu’à 26 ans, le vaccin anti-HPV (contre les papillomavirus) est désormais élargi aux jeunes garçons. Cette nouvelle recommandation de la Haute autorité de santé (HAS) publiée le 16 décembre fait suite à une saisine de la Direction générale de la santé (DGS) et du ministère de la Santé. Dès cet été, les professionnels de santé devront donc proposer systématiquement le vaccin aux garçons âgés de 11 à 14 ans, avec un rattrapage également possible jusqu’à 19 ans. Si le fardeau des maladies induites par les papillomavirus est majoritairement porté par les femmes (avec environ 4 580 nouveaux cas annuels de cancers), les hommes sont aussi concernés, rappelle la HAS. Chaque année, les HPV sont à l’origine d’environ 1 750 nouveaux cas masculins de cancers de l’anus, du pénis et plus fréquemment de l’oropharynx, avec un risque d’infection plus élevé chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes.
Avec cette recommandation, la HAS espère augmenter la couverture vaccinale anti-HPV encore largement insuffisante en France. Actuellement, moins de 30 % de la population concernée est vaccinée alors que l’objectif fixé par le plan cancer 2014-2019 était de 60 %. Un phénomène qui s’explique notamment par « les doutes sur la sécurité du vaccin » et « l’absence de proposition systématique par le médecin », précise la Haute autorité.
Freiner la transmission
L’élargissement de la vaccination aux jeunes garçons permettrait, sous réserve d’une couverture vaccinale suffisante, de « freiner la transmission des papillomavirus au sein de la population générale », mais aussi de « mieux protéger les filles et femmes non vaccinées », ainsi que « les garçons et les hommes quelle que soit leur orientation sexuelle ». Cela permettrait en outre d’atteindre plus facilement les homosexuels masculins « en évitant toute stigmatisation, à un âge où leur préférence sexuelle n’est soit pas connue (par l’individu et son entourage), soit pas affirmée ». Ainsi, les médecins généralistes n’auront plus à considérer le genre ou l’orientation sexuelle de leurs patients avant de proposer le vaccin, ce qui devrait leur faciliter la tâche.
D’un point de vue éthique enfin, « la vaccination des garçons est un élément qui contribue à réduire les inégalités hommes-femmes en matière de prévention en santé, en permettant aux jeunes garçons de participer à la baisse globale de la transmission des papillomavirus », conclut la HAS. Par ailleurs, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes sont à ce jour insuffisamment vaccinés et « ne peuvent bénéficier de l’immunité de groupe résultant de la seule vaccination des jeunes filles ».

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