Health data hub : une plateforme de données de santé pour la recherche

, par  Léa Vandeputte

Le nouveau système qui permet de croiser toutes les bases de données de santé a officiellement été créé. Accessible aux chercheurs, il doit permettre à la France de devenir leader dans le domaine de l’intelligence artificielle mais il suscite déjà des inquiétudes.

La nouvelle plateforme baptisée Health data hub a été lancée ce lundi 2 décembre, dans le cadre du plan Intelligence artificielle (IA), annonce un communiqué du ministère des Solidarités et de la Santé. Elle a pour objectif de mettre des données de santé à disposition des chercheurs qui pourront les exploiter et ainsi permettre à la France de devenir l’un des leaders mondiaux en matière d’IA comme le souhaitait Emmanuel Macron lors de la remise du rapport sur le sujet du mathématicien et député La République en marche (LREM) Cédric Villani en mars 2018.

Un accès plus facile

Cette plateforme servira de porte d’accès centralisée vers les bases de données de l’Assurance maladie, mais aussi des hôpitaux, de la médecine de ville, etc. Elle bénéficie par ailleurs « d’un haut degré de sécurité et ne pourra conserver que des données non nominatives », indique le ministère. Les centres de recherche publics pourront y accéder ainsi que les acteurs privés comme des associations de patients et de citoyens, des institutions ou encore des start-up, à condition de présenter un projet d’intérêt général et d’obtenir l’autorisation de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil). Dix projets de recherche ont d’ores et déjà été sélectionnés.

La vigilance demeure

Si les chercheurs sont ravis de la création de ce hub, des voix s’élèvent pour faire part de plusieurs inquiétudes. Certains s’interrogent sur l’utilisation potentielle de données confidentielles par des acteurs privés du numérique. Cette question est d’autant plus pertinente que le fonctionnement de la plateforme repose sur le service d’hébergement de données – le cloud – de Microsoft. Mais les autorités se veulent rassurantes et indiquent que le géant américain dispose de la certification « hébergeur de données de santé », qui constitue une garantie, et que les informations délivrées sont cryptées. De leur côté, les associations de patients, comme France assos santé qui a obtenu un poste à la vice-présidence de la plateforme, resteront particulièrement attentives au respect des règles éthiques.

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