Don du sang : vers la fin des discriminations envers les homosexuels ?

, par  Léa Vandeputte

Dans le cadre de l’examen du projet de loi bioéthique, les députés ont supprimé le délai d’abstinence obligatoire avant un don du sang. L’objectif est de permettre aux homosexuels de donner leur sang dans les mêmes conditions que les autres donneurs.

Les députés réunis en commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi relatif à la bioéthique ont voté, le 1er juillet, la suppression des discriminations envers les homosexuels qui donnent leur sang. L’amendement du co-rapporteur Hervé Saulignac (parti socialiste), cosigné par une centaine d’élus principalement de gauche, indique ainsi : « Les critères de sélection du donneur ne peuvent être fondés sur le sexe du ou des partenaires avec lesquels il aurait entretenu des relations sexuelles ».

Une accélération du processus

Ce vote vise à supprimer le délai d’abstinence sexuelle imposé aux homosexuels et bisexuels pour le don du sang. Cette période avait d’ores et déjà été réduite à quatre mois au mois d’avril dernier, contre un an précédemment. Cette première étape devait mener à un alignement des conditions du don sur celles des hétérosexuels « à l’horizon 2022 ». Cet amendement aura donc accéléré la mise en œuvre de cette mesure.

Entre satisfaction et méfiance

Les associations Stop homophobie et SOS homophobie sont satisfaites par ce vote qui signe « la fin d’une discrimination » et « une avancée » même si le combat n’est pas complètement gagné : le projet de loi doit encore être adopté en deuxième lecture par le Parlement. « Reste à convaincre Olivier Véran [le ministre des Solidarités et de la Santé, NDLR] et la majorité présidentielle d’aller jusqu’au bout ! », précise le collectif Homodonneur sur Twitter. Mais l’amendement suscite aussi des inquiétudes, notamment pour l’association française des hémophiles (AFH), qui indique : « Cet amendement, s’il était accepté par l’Assemblée Nationale en session plénière, viendrait interdire aux décideurs publics d’utiliser des critères protecteurs de la population, qui sont du domaine réglementaire justement pour pouvoir s’adapter rapidement à des situations sanitaires forcément évolutives. » Son président Nicolas Giraud poursuit : « La sécurité n’est pas négociable, que ce soit pour notre communauté d’hémophiles ou pour une femme qui va recevoir une transfusion sanguine après une hémorragie post-partum, et qui sortirait avec une maladie ! » De son côté, Marc Dixneuf, directeur général d’Aides, s’est exprimé dans les colonnes du Figaro. « 40 % des personnes qui découvrent, chaque année en France, leur infection au VIH, sont des hommes homosexuels », insiste-t-il avant d’ajouter : « On sait qu’il y a un risque d’infection massive chez les HsH [les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes, NDLR]. Le don du sang n’est pas un droit mais l’expression de la volonté du donneur. Au contraire, c’est le droit du receveur d’avoir un don absolument sûr. »

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