Dépistage organisé du cancer colorectal : 33,5 % des personnes concernées seulement y participent

, par  Léa Vandeputte

Seul un tiers des Français de 50 à 74 ans effectuent, tous les deux ans, un test de dépistage du cancer colorectal. Pourtant gratuit et facile à réaliser, celui-ci permet de détecter précocement des lésions et de guérir dans 90 % des cas.

Ce mois de mars est celui de la mobilisation nationale contre le cancer colorectal, baptisé Mars Bleu. Le cancer colorectal touche tous les ans 43 000 nouvelles personnes en France et provoque 17 000 décès. C’est le 3e cancer le plus fréquent chez l’homme (après celui de la prostate et du poumon) et le 2e chez la femme (après celui du sein). Il existe un autotest de dépistage mais seulement 33,5 % de la population cible l’utilisent. Alors pour encourager le plus grand nombre à réaliser ce test, La Ligue contre le cancer rappelle que le dépistage permet de détecter le cancer colorectal précocement et d’obtenir une guérison dans 9 cas sur 10.

Un test à faire à la maison

Tous les deux ans, les femmes et les hommes âgés de 50 à 74 ans reçoivent une invitation de l’Assurance maladie à participer gratuitement au dépistage organisé. Jusqu’à présent, il fallait se rendre chez son médecin (généraliste, gynécologue, hépato-gastroentérologue) pour obtenir le test mais, depuis le 1er mars, il est aussi possible de le commander en ligne. Il suffit de se connecter sur le site Monkit.depistage-colorectal.fr et d’entrer le numéro inscrit sur son invitation pour le recevoir directement chez soi. Ensuite, il s’agit d’effectuer un prélèvement rapide et indolore dans les selles puis d’envoyer l’échantillon par courrier au laboratoire d’analyse qui vérifiera l’absence ou la présence de traces de sang. Si le test est négatif, rendez-vous dans deux ans pour une nouvelle vérification. Si en revanche il s’avère positif (environ 4 % des cas), le médecin oriente vers un gastro-entérologue pour réaliser une coloscopie et rechercher l’origine du saignement afin de proposer des soins adaptés.

L’âge : le premier des facteurs de risque

Le dépistage cible les 50-74 ans, car l’âge est le premier facteur de risque de développer un cancer colorectal. Avant 50 ans, sa survenue reste très rare chez les personnes sans facteur de risque spécifiques et après 74 ans, il est simplement recommandé de consulter son médecin traitant en cas d’inquiétudes particulières. Quel que soit son âge, les autorités sanitaires préconisent de consulter rapidement en cas de présence de sang visible dans les selles, de douleurs abdominales, de troubles digestifs inhabituels et persistants (diarrhée ou constipation), d’amaigrissement inexpliqué ou encore d’anémie. Les antécédents personnels ou familiaux doivent par ailleurs amener à réaliser un suivi particulier. « Le risque est multiplié par trois si la personne a des antécédents familiaux au premier degré (père, mère, frère, sœur) », explique La Ligue. Les cancers héréditaires, qui surviennent généralement avant 40 ans, représentent toutefois moins de 5 % de l’ensemble des cancers colorectaux. Enfin, comme pour beaucoup de pathologie, les habitudes de vie ont un effet important : le surpoids, une alimentation riche en graisses animales ou en viande rouge, la consommation d’alcool, de tabac et l’inactivité physique constituent des facteurs de risque. « Le diabète de type 2 et le manque d’exposition au soleil pourraient également avoir un impact », ajoute La Ligue contre le cancer.

SUR LE MÊME SUJET

DOSSIERS

Toutes les solutions pour bien vieillir à la maison

Près de neuf personnes sur dix souhaitent vieillir chez elles le plus longtemps possible. Le maintien à domicile, encouragé par les pouvoirs publics, permet le plus souvent de conserver l’autonomie et de retarder la dépendance. Il est aujourd’hui possible par la mise en place de plusieurs aides, à la fois matérielles et humaines. Mais, même s’ils ont le mérite d’exister, ces dispositifs manquent de lisibilité. On fait le point pour vous.

Voyage au cœur des poumons

Jamais la respiration, cette fonction si naturelle, n’avait fait autant parler d’elle en ces temps de masques et de Covid-19. Avec ce virus qui les affecte directement, nos organes respiratoires sont mis sur le devant de la scène médicale. Profitons-en pour explorer nos si précieux poumons.
Les (...)