Dépistage du cancer du col de l’utérus : 40 % des femmes n’y participent pas

, par  Léa Vandeputte

Chaque année, 3 000 cas de cancer du col de l’utérus sont détectés en France et 1 100 patientes en décèdent. Le repérer à un stade précoce permet d’augmenter les chances de guérison. Et pourtant, 40 % des femmes de 25 à 65 ans ne se font pas dépister.

Le cancer du col de l’utérus est « l’un des seuls dont le pronostic se dégrade avec un taux de survie à cinq ans en diminution » alerte l’Institut national du cancer (Inca), qui rappelle l’importance d’une détection précoce pour améliorer les chances de guérison. Si le programme national de dépistage s’adresse aux 17 millions de femmes âgées de 25 à 65 ans, pour l’heure 60 % d’entre elles seulement y participent. L’objectif affiché par l’Inca est « d’augmenter le taux de participation de 20 points pour atteindre 80 % et de réduire de 30 % l’incidence et la mortalité par cancer du col de l’utérus à 10 ans ».

Des lésions dues au papillomavirus

Le cancer du col de l’utérus est principalement causé par une infection par des virus appelés papillomavirus humains (human papillomavirus ou HPV), transmis par voie sexuelle. Ce type d’infection est très courant — « 80 % des adultes ont une infection à HPV au cours de leur vie », précise l’Assurance maladie — et guérit généralement spontanément. Mais, dans 10 % des cas, le virus persiste et provoque des lésions qui peuvent évoluer vers un cancer du col de l’utérus. Le but du dépistage est donc de pouvoir agir très tôt, avant que le cancer ne se développe. L’examen repose sur un prélèvement au niveau du col de l’utérus (appelé frottis) qui permet de détecter soit les cellules anormales, soit la présence du papillomavirus. Il est recommandé de réaliser ce test tous les trois ans entre 25 et 30 ans (après deux tests négatifs réalisés à un an d’intervalle) puis tous les cinq ans entre 30 et 65 ans. Le frottis de dépistage peut être réalisé par un médecin gynécologue ou généraliste, par une sage-femme, ou en laboratoire (sur prescription médicale). Les femmes qui ne l’ont pas réalisé dans les intervalles recommandés reçoivent par ailleurs une invitation par courrier et bénéficient d’une prise en charge à 100 % du test, sans avoir à avancer les frais.

Une stratégie complémentaire : la vaccination

« Cette démarche de dépistage est complémentaire d’une stratégie de prévention via la vaccination contre les HPV, proposée aux jeunes filles et aux jeunes garçons à partir de 11 ans », insiste l’Inca. Le vaccin est en effet recommandé depuis plusieurs années aux jeunes filles de 11 à 14 ans et, depuis le 1er janvier 2021, aux garçons du même âge. Un rattrapage vaccinal est également possible jusqu’à 19 ans pour les deux sexes et jusqu’à 26 ans chez les hommes ayant ou ayant eu des relations sexuelles avec d’autres hommes. Car si les papillomavirus sont responsables du développement du cancer du col de l’utérus, ils peuvent également provoquer des pathologies au niveau de l’anus, de l’oropharynx, de la vulve, du vagin, de la cavité orale, du larynx et du pénis, d’où l’importance de protéger une plus large population. Entre 2016 et 2018, la couverture vaccinale atteignait 29,4 % pour une dose à 15 ans et 23,7 % pour le schéma complet à 16 ans. Avec cet élargissement de stratégie, les autorités de santé espèrent lutter plus efficacement contre les papillomavirus et leurs conséquences.

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