Une charte pour que les nouveau-nés hospitalisés ne soient plus séparés de leurs parents

, par  Léa Vandeputte

La présence des parents est indispensable pour le bon développement de l’enfant, et encore plus quand il est à l’hôpital. Ce rôle central en fait de véritables partenaires de soins.

L’association SOS Préma, la Société française de néonatalogie (SFN) et Adrien Taquet, secrétaire d’État chargé de l’Enfance et des Familles, ont dévoilé, le 17 novembre, la Charte du nouveau-né hospitalisé. L’hospitalisation d’un bébé est « un réel défi pour tisser les liens familiaux et suscite des émotions intenses », est-il indiqué en préambule. « Elle nécessite la mobilisation des ressources de tous pour offrir au bébé les meilleures chances de bien grandir, poursuivent les auteurs du document. Les études scientifiques démontrent que la création du lien d’attachement entre le nouveau-né et sa famille, dès les premiers instants de vie, est primordiale pour son bon développement. Le dialogue et la concertation entre les parents et les soignants se trouvent au cœur d’une prise en charge optimale du nouveau-né hospitalisé. »

Développer l’attachement

Construite en dix points, la charte rappelle donc l’importance des parents au cours de l’hospitalisation. « Elle s’appuie sur la théorie de l’attachement qui montre que, pour avoir un développement optimal, sur le plan social, affectif et cognitif, un nouveau-né doit établir une relation continue avec ses parents », explique SOS Préma. Les parents doivent ainsi pouvoir être présents « sans restriction, 24 heures sur 24 ». Le contact physique, et notamment le peau-à-peau quotidien, les bercements, les échanges vocaux ou encore la participation à l’alimentation (tétée au sein ou au biberon) et aux soins prodigués sont également encouragés. Le tout-petit doit aussi bénéficier d’un environnement confortable « adapté à son développement sensoriel (luminosité, son, odeur, goût, toucher) ». Enfin, les informations concernant l’état de santé du nourrisson, délivrées par les professionnels de santé dans le cadre d’une prise en charge individualisée, doivent être « accessibles et compréhensibles ».

75 000 nourrissons hospitalisés chaque année

Sur les 740 000 naissances comptabilisées chaque année en France, 75 000 nouveau-nés sont hospitalisés, dont 60 000 sont prématurés. Parmi ces derniers, « 2 000 décéderont à la naissance et 2 000 à 3 000 dans les mois qui suivent », indique SOS Préma, avant d’ajouter : « 3 000 seront porteurs de handicap et 12 000 connaîtront des retards de développement. » Pour améliorer cette situation, l’association préconise de s’appuyer sur les soins de développement. Ils « regroupent l’ensemble des techniques environnementales et comportementales dont le but est d’aider le développement harmonieux de l’enfant né avant terme », parmi lesquelles l’intégration des parents comme partenaires de soins promue dans la charte. Afin de diffuser ses bonnes pratiques, le document a été transmis à 490 services de néonatalogie sur tout le territoire.

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