Les cartables des écoliers toujours trop lourds

, par  Delphine Delarue

La Fédération des conseils des parents d’élèves (FCPE) et le Syndicat national des masseurs-kinésithérapeutes viennent de lancer, pour deux semaines, une campagne de sensibilisation au mal de dos lié au poids excessif des cartables des petits Français.

Quelques semaines après la rentrée scolaire, les cartables, désormais bien remplis des fournitures réclamées par les professeurs, commencent à peser bien lourd sur le dos des écoliers. Un constat qui ne bouge pas d’un iota, au fil des années, malgré les alertes lancées régulièrement par les associations de parents d’élèves. Pour tenter d’inverser la tendance, la FCPE, principale fédération de parents d’élèves, et le Syndicat national des masseurs-kinésithérapeutes rééducateurs (SNMKR) ont lancé le lundi 23 septembre une campagne nationale de prévention qui se déroule jusqu’au 5 octobre. Baptisée « M’ton dos », cette opération a pour objectif de sensibiliser les parents, les enseignants, les directeurs d’établissement et les décideurs politiques locaux à la nécessité de mettre en œuvre des actions de prévention directement au sein des établissements scolaires. A cette occasion, 270 kinésithérapeutes proposeront des consultations gratuites, à leur cabinet, aux élèves de CM1, de CM2 et de sixième. Les parents et les enfants recevront, par exemple, des conseils pour mieux organiser le cartable ou pour adopter la bonne posture lors de la classe ou pendant les devoirs à la maison.

8,5 kilos en moyenne

Il faut savoir qu’actuellement, en France, le poids d’un cartable dépasse en moyenne les 20 % du poids de l’élève, alors que ce taux ne devrait pas dépasser les 10 % si l’on se réfère à une directive du ministère de l’Education nationale datant de 2008. Concrètement, le poids moyen d’un cartable pour un élève de sixième est de 8,5 kilos, « soit l’équivalent de six bouteilles d’eau sur le dos », dénonce Paul Raoult, président de la FCPE. Un tel chargement porté au quotidien par des enfants en pleine croissance n’est pas sans risque : contractures, asymétries de posture, douleurs dorsales intenses… Selon l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES), 17,9 % des élèves âgés de 10 à 15 ans se plaignent de mal de dos une fois par semaine. Et en général, lorsque ces douleurs s’installent dans l’enfance, il y a de grandes chances qu’elles perdurent à l’âge adulte. Selon la FCPE, le mal de dos coûte chaque année 2 milliards d’euros à la collectivité et 9 millions de journées d’arrêt de travail. La fédération de parents d’élèves réclame donc une véritable loi qui aboutirait à « un code protecteur pour les enfants et les adolescents, au même titre que le code du Travail pour les salariés », précise-t-elle dans un communiqué. Autres revendications : la généralisation des manuels numériques, l’utilisation, en classe, de petits formats de classeurs et de cahiers ou encore la mise en place généralisée des casiers à l’école ou de matériel pédagogique ergonomique permettant un bonne posture en classe.

Sources
- « Nouvelle campagne de lutte contre le mal de dos », dossier de presse de la Fédération des conseils des parents d’élèves (FCPE), septembre 2013.
- « Les cartables trop lourds : un fléau à qui l’on tourne le dos », Delphine Bancaud, 20minutes.fr, 22 septembre 2013.

DOSSIERS

Et si c’était la thyroïde ?

Vous vous sentez énervé, stressé, fatigué et un peu déprimé ? Votre thyroïde vous joue peut-être des tours. En s’emballant ou en devenant au contraire un peu paresseuse, cette petite glande endocrine, véritable chef d’orchestre du fonctionnement de nos organes, gâche la vie de plus de 6 millions de (...)

Quand les bactéries résistent aux antibiotiques

L’antibiorésistance constitue aujourd’hui l’une des plus graves menaces qui pèsent sur la santé mondiale. De plus en plus d’infections bactériennes deviennent difficiles à traiter car les médicaments perdent de leur efficacité. Chacun peut être touché, quel que soit son sexe, son âge ou son pays (...)

SOULAGER la douleur de l’enfant

Longtemps sous-estimée, voire totalement négligée, la prise en charge de la douleur chez l’enfant s’est beaucoup améliorée au cours des vingt dernières années. Elle reste cependant encore très inégale et trop souvent réduite à une simple prise de médicaments. Or, que ce soit en ville ou à l’hôpital, une (...)

Cuisiner, c’est bon pour la santé

Choisir des produits sains et se préparer à manger plutôt que recourir à des plats industriels est un moyen simple de préserver sa santé, d’autant qu’il n’est pas nécessaire d’être un véritable cordon-bleu pour se faire du bien. Cuisiner est aussi un formidable moyen de partager : faire découvrir aux (...)

ARTICLES RÉCENTS