Cancer colorectal : pourquoi il est vital de le dépister à temps

, par  Isabelle Coston

La campagne de sensibilisation au dépistage du cancer colorectal, « Mars bleu », qui, comme son nom l’indique, se déroulera tout au long du mois de mars, est l’occasion pour les autorités sanitaires de rappeler que lorsque la maladie est détectée et traitée précocement, le taux de guérison est de 90 %.

Le cancer colorectal, qui entraîne 18 000 décès chaque année en France, est le deuxième cancer le plus meurtrier après celui du poumon chez l’homme et le troisième chez la femme après celui du sein et du poumon, constatent Santé publique France et l’Institut national du cancer (Inca) lors du lancement de Mars bleu, la campagne de sensibilisation au dépistage, relayée à partir du 12 mars dans les médias par la diffusion d’un spot TV. L’Institut insiste sur l’intérêt du dépistage précoce en rappelant que ce cancer évolue lentement et que plus il est détecté tôt, plus les chances de guérison sont élevées. Son message est d’ailleurs on ne peut plus clair : « Le dépister à temps peut vous sauver la vie. »

Les chiffres sont éloquents

D’après les données publiées par l’Inca, 43 000 cas de cancers du côlon et du rectum sont diagnostiqués par an et près de 18 000 décès sont à déplorer chaque année. Une personne sur trente sera touchée par un cancer colorectal au cours de sa vie, 55 % seront des hommes et 45 % des femmes. « Lorsqu’un cancer colorectal est détecté à un stade précoce, c’est-à-dire qu’il est relativement petit et ne s’est pas propagé loin de son point d’origine, la survie à cinq ans dépasse 90 % et les traitements utilisés sont moins lourds, permettant une meilleure qualité de vie », souligne l’Inca. En revanche, les chances de survie tombent à 70 % lorsque la maladie a atteint les ganglions proches du côlon et à 13 % lorsqu’elle s’est propagée à d’autres organes. Or, selon l’enquête « Vivre avec un cancer colorectal », menée par l’association France Côlon, plus d’un tiers des patients (34 %), malgré l’apparition de symptômes spécifiques à ce cancer (principalement sang dans les selles et fatigue), a attendu plus de six mois avant de consulter. « Par cette enquête, l’association France Côlon souhaite également interpeller les pouvoirs publics sur l’importance de sensibiliser davantage le grand public aux symptômes du cancer colorectal pour favoriser le diagnostic précoce […] et améliorer la formation des pharmaciens d’officine aux différents aspects de ce cancer », indique Jean-Louis Bertou, président de l’association.

Un test de dépistage à domicile

Le cancer colorectal se développe à l’intérieur du côlon ou du rectum à partir de polypes. Il évolue lentement, parfois presque sans symptômes. Mais il peut aussi se traduire par une constipation ou une diarrhée persistantes, des douleurs abdominales ou des troubles digestifs inhabituels, ainsi que par la présence de sang dans les selles. Étant donné que 95 % des personnes atteintes ont plus de 50 ans, les autorités préconisent depuis plusieurs années aux personnes âgées de 50 à 74 ans un test de dépistage à domicile. Un courrier d’invitation à consulter son médecin traitant pour qu’il leur remette gratuitement le test de dépistage est ainsi envoyé tous les deux ans aux personnes concernées. Ce test permet notamment de repérer des polypes et de les retirer avant qu’ils n’évoluent en cancer. Efficace et facile à utiliser, il nécessite de faire soi-même un prélèvement de ses selles et de l’envoyer par courrier à un laboratoire d’analyses. Si l’échantillon révèle la présence de traces de sang (4,5 % des cas), un examen supplémentaire par coloscopie sera alors prescrit pour préciser le diagnostic.

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