Apprentissage précoce de la musique : un atout pour la scolarité

, par  Catherine Chausseray

Ecouter de la musique fait naître des émotions, apporte du bien-être, est bon pour le moral et peut même aider à soulager la douleur physique. La pratiquer dès le plus jeune âge est aussi un formidable moyen de développer les aptitudes scolaires.

L’idée n’est pas nouvelle, et depuis plusieurs années les études menées sur les enfants (notamment aux Etats-Unis et au Canada) démontrent que l’apprentissage de la musique améliore les fonctions cognitives. Les scientifiques ont constaté que les jeunes enfants (entre 4 et 5 ans) qui pratiquent la musique voient les capacités de leur cerveau et le développement de leur système nerveux considérablement renforcés. Même une formation musicale très précoce, entre 3 et 4 ans, peut présenter de nombreux avantages pour les futurs apprentissages scolaires.

Les apports chez les tout-petits

S’il n’y a pas d’âge pour commencer la musique, mieux vaut s’y mettre le plus tôt possible pour que le cerveau en profite. Des chercheurs de l’université McMaster (Canada) ont fait participer des bébés de 1 an à des cours de musique interactifs avec leurs parents. Les résultats de leurs travaux, publiés en 2012 dans la revue Developmental Science, soulignent une sociabilité et une motricité meilleures, ainsi que des réactions de leur cerveau aux différentes tonalités plus marquées que chez d’autres petits ayant seulement assisté à des classes d’écoute passive. D’autres études ont révélé que les enfants d’à peine 4 ans bénéficieraient tout au long de leur vie de l’apprentissage d’un instrument de musique en bas âge. Les chercheurs ont en effet découvert que, lorsqu’un enfant commence à apprendre à jouer d’un instrument ou même à chanter, certaines parties de son cerveau contrôlant la parole, la mémoire, ainsi que les fines habiletés motrices sont davantage stimulées.

Une progression plus rapide du QI

« Plusieurs études ont montré que la pratique musicale améliore la mémoire de travail, ou mémoire à court terme, indique Hervé Platel, professeur de neuropsychologie à l’université de Caen. Et certains travaux ont mis en avant des effets sur l’apprentissage scolaire : les capacités d’attention et de concentration sont renforcées. »
Glenn Schellenberg, professeur de psychologie de l’université de Toronto (Canada), a prouvé, en 2010, que la pratique de la musique par de jeunes enfants permettait de développer plus rapidement leur quotient intellectuel (QI). Durant trente-six semaines, il a étudié 144 élèves âgés de 6 ans, pas encore scolarisés en primaire et suivant des cours de piano et de chant au conservatoire. Ces derniers ont vu leur QI progresser plus rapidement que celui des enfants qui n’ont pas suivi de cours de musique. Il en conclut que « la musique aide les enfants à s’autodiscipliner et à réfléchir, en les soumettant à de longues périodes de concentration, d’entraînement et de mémorisation ». Ce que confirment la psychologue montréalaise Virginia Penhune et le neurologue Robert Zatorre, dans leur étude publiée en 2013 dans la revue Journal of Neuroscience : « Apprendre à jouer d’un instrument exige la coordination des mains avec des stimuli visuels ou auditifs. La pratique d’un instrument avant l’âge de 7 ans stimule sans doute la maturation normale des connexions entre les régions motrices et sensorielles du cerveau, élaborant un cadre que la poursuite de la formation vient consolider. »
Avec l’entrée à la maternelle et les premiers apprentissages scolaires, les jeunes enfants voient leur QI augmenter de façon significative. S’ils suivent en plus une initiation à la musique, leurs capacités intellectuelles seront développées. N’en déduisez pas pour autant que votre enfant sera surdoué à l’école s’il prend des cours de musique, mais son intellect sera sûrement stimulé et l’apprentissage de la lecture et du calcul plus aisé.

Un développement personnel facilité

Jouer d’un instrument tôt améliorerait la confiance en soi. De plus, l’autodiscipline et la détermination que nécessite la pratique régulière d’un instrument « apprennent à apprendre » aux enfants, qui se plient plus volontiers au travail à fournir dans le cadre scolaire. Ces élèves parviennent mieux à se concentrer et sont plus disposés à l’écoute, y compris dans une classe bruyante. L’apprentissage musical est encore un bon moyen d’apprendre à se comporter avec les autres. Faire partie d’un orchestre, par exemple, est un vecteur d’intégration. Cela favorise l’épanouissement artistique des enfants, mais permet aussi de combattre l’exclusion en revalorisant leurs aptitudes. Pour jouer en rythme, l’enfant doit écouter les autres et faire preuve de solidarité.

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