Allègement du protocole sanitaire dans les écoles primaires et maternelles

, par  Delphine Delarue

Depuis lundi 22 septembre, la fermeture d’une classe n’est plus automatique lorsqu’un élève est déclaré positif au Covid-19. Son enseignant et ses camarades ne sont en outre plus considérés comme des cas contacts. La mise à l’écart de sept jours ne concerne que l’écolier contaminé.

Confirmé dimanche 21 septembre par le gouvernement, le nouveau protocole sanitaire appliqué dans les écoles maternelles et primaires est entré en vigueur dès le lendemain. Très allégé, son objectif est clair : les élèves doivent continuer d’aller à l’école et pour cela le nombre de classes fermées doit diminuer.

Selon les derniers chiffres révélés vendredi 25 septembre par le ministre de l’Éducation nationale sur France Info, une soixantaine d’écoles et un collège sont actuellement fermés, soit environ 600 classes. « Nous rouvrons plus de classes que nous n’en fermons », précise Jean-Michel Blanquer dans la vidéo ci-dessous.

Avec le nouveau protocole sanitaire, la fermeture d’une classe entière ne sera plus automatique dès le premier cas d’élève positif au Covid-19 déclaré (voir la vidéo ci-dessous). L’enfant contaminé sera le seul à être isolé pendant 7 jours. Ses camarades et son professeur ne sont désormais plus considérés comme des cas contacts. Pour qu’une classe ferme, trois cas devront désormais avoir été diagnostiqués. Rien ne change en revanche dans les collèges et les lycées où ce chiffre de 3 cas minimum était déjà la règle.

« Les enfants sont peu à risque de formes graves  »

Ce nouvel aménagement du protocole sanitaire fait suite à un avis rendu jeudi 17 septembre par le Haut conseil de santé publique (HCSP). Dans ce document, le HCSP considère que « les enfants sont peu à risque de formes graves et peu actifs dans la transmission du Sars-CoV-2 » et que « le risque de transmission existe surtout d’adulte à adulte et rarement d’enfant à enfant ou d’enfant à adulte ». Les contaminations surviendraient ainsi « surtout en intra-famille et lors de regroupements sociaux avec forte densité de personnes en dehors des établissements scolaires ».

Une étude menée en Île-de-France sur 605 jeunes patients de moins de 15 ans et révélée en juin par Le Parisien constatait déjà que les enfants étaient de petits contaminateurs. D’après les chercheurs, seuls 10 % des petits Franciliens avaient été à ce moment-là contaminés par le nouveau coronavirus et seuls 0,6 % s’étaient révélés contagieux.

Seulement, d’autres travaux, et notamment une étude publiée le 30 juillet dans la revue Jama Pediatrics, affirment au contraire que les jeunes enfants infectés seraient bien plus contagieux que les plus âgés ou que les adultes. Une conclusion tempérée ci-dessous par le docteur Alain Ducardonnet.

Un « virus à sens unique »

Cette absence de consensus scientifique est justement soulignée par les syndicats d’enseignants : particulièrement inquiet, le SNUipp-FSU estime dans un communiqué que « le ministre cible la famille comme unique lieu de contamination, alors que les connaissances sur le pouvoir contaminant et la contagiosité des enfants ne sont pas arrêtées ». Si les avis sont partagés du côté des parents entre nécessité du retour à l’école et peur du virus, les instituteurs restent unanimes. Ils ne comprennent pas pourquoi les règles sanitaires se durcissent partout sauf dans les classes, comme l’explique cet article du site Les Echos.

« Alors qu’il faudrait mettre en œuvre le plan de continuité pédagogique en cas de circulation très active du virus permettant d’assurer les apprentissages et d’assurer la protection des élèves et des personnels, le gouvernement persiste dans ses égarements et ses contradictions », dénonce le SNUipp-FSU. Et le syndicat d’ironiser : « Après le mètre de distanciation adaptable selon les situations […], voilà le virus à sens unique ».

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