Sophia : un service national d’assistance aux diabétiques

, par  Enrique Moreira

Fort de ses 226 000 adhérents, fin 2012, sur la quinzaine de départements dans lesquels il était testé, le dispositif Sophia de l’Assurance maladie a franchi une étape supplémentaire au début de cette année, en étant généralisé à l’ensemble du territoire. Objectif : réduire la part des personnes qui ne surveillent jamais leur niveau de glycémie. Un dispositif similaire pourrait prochainement être mis en œuvre à destination des asthmatiques.

Mieux vaut prévenir que guérir. C’est de la volonté de l’Assurance maladie de mettre en œuvre ce dicton séculaire qu’est née, en 2008, l’idée de Sophia, un dispositif d’assistance aux diabétiques. L’objectif était simple : diminuer la fréquence et la gravité des complications liées à une maladie chronique comme le diabète, afin d’en réduire les coûts pour la collectivité, c’est-à-dire la Sécurité sociale. Pour cela, il fallait améliorer ou préserver l’état de santé des personnes qui en étaient atteintes, en développant un service d’assistance téléphonique ultra-personnalisé qui appelle régulièrement les patients pour voir où ils en sont dans le suivi de leur maladie.

Conseils pratiques et concrets

Dans un premier temps, Sophia n’a été testé que dans une vingtaine de départements pilotes. Environ 140 infirmiers-conseillers en santé ont régulièrement appelé les 226 000 patients déjà inscrits, pour leur donner des informations sur leur maladie, des conseils pratiques et concrets et leur offrir une écoute.

Une évaluation menée sur la période 2008-2011 révèle que les infirmiers-conseillers ont traité plus de 157 000 appels sur les six derniers mois. Forte de ce succès, la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) a décidé d’étendre Sophia à tout le territoire. Elle estime en effet que 1,8 million de personnes seraient éligibles au dispositif. Pour y prétendre, il faut avoir plus de 18 ans, souffrir de diabète de type I ou II et être affilié à une caisse d’assurance maladie du régime général. Tout est pris en charge à 100 %.

De réelles économies

Les professionnels de santé, eux, doutent de l’efficacité de Sophia. Ils estiment en effet que le service coûte cher à la communauté : 116 euros par patient en 2011, 127 euros en 2012, selon les chiffres du Quotidien du médecin. Ils jugent que cette somme aurait été mieux utilisée dans des consultations supplémentaires.

La Cnam récuse cette vision et préfère montrer les résultats de son enquête : « à caractéristiques égales, les dépenses de soins sont moins élevées » chez une personne adhérente à Sophia, par rapport au reste de la population. Les patients suivis par ce service sont en effet moins souvent hospitalisés pour leur diabète ou les complications qui en découlent. « La probabilité d’être hospitalisé, à profil comparable, est inférieur de 11 % », estime l’Assurance maladie. Tout cela est source d’économie pour la Sécurité sociale, qui a moins à rembourser en soins hospitaliers, très onéreux, par rapport au coût de la prise en charge des patients par Sophia. La Cnam envisage d’ailleurs de reproduire le dispositif, d’ici la fin de l’année, pour les personnes asthmatiques cette fois, dans le cadre d’une première expérimentation sur dix-huit départements.

Sources
- « Sophia : un service accessible à plus d’1,8 million de patients diabétiques, une évolution positive du recours aux soins confirmée », communiqué de presse de l’Assurance maladie, 21 février 2013.
- « Le service Sophia d’assistance aux diabétiques est étendu à toute la France », Viva presse, 25 février 2013.
- « Sophia veut aider les diabétiques à mieux vivre », Lest-eclair.fr, 24 février 2013.
- « Accompagnement des diabétiques : Sophia recense 226 000 adhérents », Le Quotidien du médecin, 21 février 2013.

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