Médicaments : des prix en hausse

, par  Enrique Moreira

Se soigner coûte de plus en plus cher : en dix ans, le prix des médicaments pour le consommateur a augmenté de 6,8 %, alors que sur la même période le coût de leur fabrication a diminué. C’est ce que montre une étude de l’Insee, publiée en juillet 2012. La faute incombe, notamment, aux politiques de déremboursement menées depuis plusieurs années.

Avec 36,5 % des dépenses brutes, les médicaments sont le premier poste du budget santé des Français en 2010, loin devant les consultations et, plus généralement, les frais liés aux services rendus par les médecins. Il faut dire que les médicaments coûtent cher, et de plus en plus, comme le montre une étude de l’Insee menée entre 2000 et 2010.

Des mesures politiques coûteuses

Celle-ci révèle que, sur les dix dernières années, le prix des remèdes facturés aux consommateurs a augmenté de 0,6 % par an en moyenne, ce qui représente une hausse globale de 6,8 %. L’enquête a porté sur les prix dits nets, c’est-à-dire après le retrait de la part prise en charge par la Sécurité sociale, mais sans compter les remboursements des complémentaires santé.
Cette évolution des prix est, selon l’Insee, le résultat de différentes mesures prises depuis dix ans en matière de santé publique. La création de franchises sur les boîtes de médicament, la baisse du taux de remboursement, le tout combiné à plusieurs politiques de déremboursement ont augmenté la part revenant à la seule charge du malade.

Des génériques moins chers

Pourtant, dans le même temps, le coût de fabrication des médicaments (le prix dit brut) a diminué de 1,8 % en moyenne. Cela est dû, notamment, au développement des génériques, qui ont pour effet d’obliger « les laboratoires proposant le princeps correspondant à baisser leur prix de façon à rester compétitifs », constate l’Insee.
Les politiques de santé publique ont aussi un rôle dans la diminution des frais de fabrication. Afin de limiter les dépenses de santé de l’Assurance malade, les gouvernements successifs, depuis 2010, ont pris des mesures qui ont obligé les laboratoires à réduire leur prix de revient, faisant ainsi chuter le prix brut des médicaments.

Le paradoxe de la santé publique

Et la hausse continue du prix net des médicaments n’est peut-être pas près d’être endiguée. Le gouvernement Ayrault, dans sa volonté de tenir les promesses de campagne du président François Hollande, souhaite contenir les dépenses de santé à 2,7 %. Pour cela, Marisol Touraine a réuni médecins, organismes de complémentaires santé et Assurance maladie autour d’une table, ce mercredi 25 juillet. Ils ont trois mois pour trouver un moyen de faire des économies. Or dans les solutions avancées par la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), figure déjà la possibilité de baisser le remboursement des génériques. Cela aurait pour effet direct, s’il n’y a pas d’augmentation de la prise en charge par les complémentaires, de relever encore une fois le prix des médicaments pour les consommateurs. Là réside le paradoxe de la santé publique : vouloir soigner correctement le plus grand nombre, tout en dépensant moins.

Source

- « Les prix des médicaments de 2000 à 2010 », Insee Première, n° 1408, juillet 2012.

DOSSIERS

Le foie, l’allié de notre santé

Alors qu’on le considère moins que le cœur ou les poumons, le foie, véritable dépollueur de notre organisme, est impliqué dans plus de 300 fonctions essentielles à notre vie.

Epigénétique : comment l’environnement influence nos gènes

Selon des études récentes, l’air que nous respirons, ce que nous mangeons, notre activité physique ou l’exposition au stress auraient un impact direct sur le fonctionnement de nos cellules. En laissant des traces sur notre ADN, notre environnement pourrait favoriser le développement de maladies. (...)

Un autre regard sur les maladies mentales

Dépression, anorexie, troubles bipolaires, phobies, schizophrénie… Actuellement, 12 millions de Français souffriraient de troubles psychiques. Pourtant, les maladies mentales restent encore l’objet de préjugés tenaces qui stigmatisent les patients et les isolent à la fois socialement et (...)

Vie affective et sexuelle : une affaire d’éducation

Inhérente à la vie affective, la sexualité est source de découverte à tout âge. Les enfants comme les adolescents, qui se posent de nombreuses questions à ce sujet, devraient pouvoir trouver à chaque fois des réponses adaptées. Car l’éducation affective et sexuelle est un enjeu important de vie en société, (...)