Les étudiants pas assez mutualisés

, par  Julien Jeffredo

La commission des Affaires sociales du Sénat a lancé une enquête sur la santé et la protection sociale des étudiants. Les travaux sont en cours, mais il apparaît d’ores et déjà que près d’un étudiant sur cinq ne bénéficie pas d’une couverture complémentaire.

En 2008, 23 % des étudiants reportaient, voire renonçaient à des soins. En 2010, la situation s’est aggravée : ils étaient 30 %. Les premiers résultats de l’enquête sur la santé et la protection sociale des jeunes menée par la commission des Affaires sociales du Sénat vont même plus loin. Selon ses rapporteurs, Ronan Kerdraon (PS) et Catherine Procaccia (UMP), 20 % des étudiants n’auraient pas de complémentaire – un chiffre bien au dessus de la moyenne nationale (7 %).

Une santé moins bien protégée

La principale raison de cette plus faible protection sociale est avant tout financière. En additionnant le coût de la mutuelle à celui de la cotisation à la Sécurité sociale, la facture s’élève à 400 euros. Une somme qu’ils cherchent à économiser pour faire face à d’autres postes de dépenses (logement, nourriture, transports).

« Par ailleurs, les étudiants se disent, en grande majorité, satisfaits de leur état de santé, mais ils peuvent être fragilisés par le développement de troubles liés au stress, à l’isolement, à l’alimentation ou à certains comportements à risque », expliquent les rapporteurs.

Le groupe de travail, qui a auditionné des représentants des mutuelles étudiantes (LMDE, MGEL, Emevia), poursuit son enquête. Il cherche notamment des pistes pour améliorer la collaboration entre les mutuelles, l’Assurance maladie et les universités. Car, comme le soulignent Ronan Kerdraon et Catherine Procaccia, « les étudiants et leur famille sont régulièrement confrontés à des délais de remboursement importants et à des difficultés pour contacter les mutuelles en cas de demande d’information ».

Sources
- Mot d’accueil des rapporteurs du groupe de travail sur la protection sociale et la santé des étudiants de la commission des Affaires sociales sur le site du Sénat : Senat.fr.
- Interview de Ronan Kerdraon, Le Télégramme, 14 mai 2012.

DOSSIERS

Voyage au cœur des poumons

Jamais la respiration, cette fonction si naturelle, n’avait fait autant parler d’elle en ces temps de masques et de Covid-19. Avec ce virus qui les affecte directement, nos organes respiratoires sont mis sur le devant de la scène médicale. Profitons-en pour explorer nos si précieux poumons.
Les (...)

Maladie chronique : comment « gérer » les douleurs ?

Être atteint d’une maladie chronique est déjà une lourde épreuve. Malheureusement, aux complications et aux difficultés quotidiennes engendrées par la maladie s’ajoutent très souvent des douleurs. Ces dernières, qui évoluent au fil des années en même temps que la pathologie, peuvent devenir de plus en (...)

Le foie, l’allié de notre santé

Alors qu’on le considère moins que le cœur ou les poumons, le foie, véritable dépollueur de notre organisme, est impliqué dans plus de 300 fonctions essentielles à notre vie.

Epigénétique : comment l’environnement influence nos gènes

Selon des études récentes, l’air que nous respirons, ce que nous mangeons, notre activité physique ou l’exposition au stress auraient un impact direct sur le fonctionnement de nos cellules. En laissant des traces sur notre ADN, notre environnement pourrait favoriser le développement de maladies. (...)

ARTICLES RÉCENTS