Dépression : les psychothérapies trop peu prescrites

, par  Delphine Delarue

Selon une récente étude, la majorité des médecins généralistes confrontés à des cas de dépression légère prescrivent des antidépresseurs, alors qu’une psychothérapie seule pourrait suffire.

La dépression est un mal largement répandu en France. D’après une étude publiée ce mois-ci par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), en 2010, 7,5 % des Français âgés de 15 à 85 ans en ont souffert au cours des douze derniers mois. De leur côté, les deux tiers des médecins généralistes, qui sont en première ligne dans la prise en charge de cette maladie, déclarent être consultés chaque semaine par des patients présentant une souffrance psychique. Ils sont 82 % à rencontrer des cas de troubles anxieux et 67 % des dépressions. Plus grave : au cours des cinq dernières années, huit généralistes sur dix ont été confrontés à la tentative de suicide d’un patient et près de la moitié à un suicide. Pour faire face à cette souffrance, les médecins disposent d’un large choix de traitements, parmi lesquels les antidépresseurs et les psychothérapies. La plupart des généralistes (neuf sur dix) s’estiment d’ailleurs efficaces quant à la prise en charge des patients. Pourtant, « moins d’une personne sur quatre souffrant de dépression et ayant consulté un généraliste est diagnostiquée et traitée de façon appropriée », souligne la Drees.

Difficulté d’accès aux professionnels de santé mentale

Face à une dépression peu sévère, 61 % des généralistes prescrivent des antidépresseurs, alors que leur efficacité « n’a pas été démontrée dans le traitement des dépressions légères », précise l’étude. Et ils ne sont que 4 % à préconiser une psychothérapie seule, cette prescription étant pourtant recommandée en première intention par la Haute Autorité de santé (HAS). Parmi les freins évoqués par les médecins pour expliquer ce phénomène : le non-remboursement des consultations chez le psychologue, les délais trop longs pour obtenir un rendez-vous avec un psychiatre, mais aussi la réticence des patients à suivre une psychothérapie, des patients souvent eux-mêmes demandeurs de médicaments dès la première consultation. Pour certains, le recours immédiat à la médication demeure en effet la solution la plus efficace pour arrêter rapidement de souffrir, même s’ils ne sont victimes que d’une déprime passagère.

Sources

- « La prise en charge de la dépression en médecine générale de ville », Etudes et Résultats, Drees, septembre 2012.

- « Prise en charge d’un épisode dépressif isolé de l’adulte en ambulatoire », Anaes, mai 2002.

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